Ateliers d’autodéfense pour femmes en situation de handicap moteur (gratuits)


Dans le cadre du projet européen No means No, Garance vous invite à participer à des ateliers découverte en ligne. Plusieurs dates au choix (voir ci-dessous)

Nos ateliers visent :
– à augmenter la confiance en soi, l’estime de soi et l’auto-efficacité,
– à renforcer la capacité d’action individuelle et collective en matière de
prévention des violences,
– à vous sensibiliser à vos droits et aux services de soutien et d’intervention existants,
– à renforcer le lien entre femmes vivant avec un handicap afin de surmonter
l’isolement et de renforcer la solidarité.
Nos  ateliers sont des moments de partages très appréciés des participantes au sujet de la sécurité dans la rue et chez soi (ou en institution). Les participantes y découvrent qu’elles ont beaucoup plus de capacités en termes de sécurité qu’elles ne l’imaginent habituellement et elles en ressortent plus confiantes dans leur façon d’appréhender leurs interactions avec le monde extérieur.

Intéressées ? Envie de vous inscrire ?
Besoin d’informations complémentaires ?

Ces dates ne vous conviennent pas mais vous voudriez quand même en savoir plus?
Contactez-nous par mail : dvagarance@gmail.com 

FAQ :

  • Puis-je participer quel que soit mon handicap ?

Oui, les ateliers sont destinés aux femmes en situation de handicap moteur qui
utilisent une aide à la motricité ou non, ainsi qu’aux femmes vivant avec une maladie chronique impactant leur mobilité.

  • Est-ce que les ateliers sont payants ?
    La participation aux ateliers en ligne ou en présentiel est gratuite.
  • Que est le matériel informatique nécessaire pour pouvoir participer en ligne ?
    Il faut un ordinateur ou une tablette avec un micro et une caméra intégrés. Un
    smartphone peut suffire mais n‘est pas le support idéal.
  • Quelle plateforme allez-vous utiliser pour les ateliers en ligne ?
    Nous vous enverrons un lien Zoom pour l’atelier dès confirmation de votre inscription. Ce lien vous permet de vous connecter avec n’importe quel navigateur internet. Si vous n’avez jamais participé à une réunion en ligne, nous pouvons faire un essai préalable avec vous.
  • Events Facebook : 10 mai / 17 mai (anglais)/ 18 mai / 29 mai
  • Horaire : 9h30 – 12h00

Avec le soutien de la Commission européenne, la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Région de Bruxelles-Capitale, la Ville de Bruxelles et la Commission communautaire française

Céline : faire du bruit

Je dois faire de long trajets pour aller au travail et après une longue journée de travail, ma concentration diminue, ce qui complique ma capacité à trouver mon chemin. Donc je suis toujours heureuse quand des gens m’aident. Un jour, un homme m’a proposé de me guider dans la gare, ce que j’ai accepté avec gratitude. Ce qui m’a irrité c’est qu’il a tout de suite verrouillé son bras autour du mien. Au début, j’ai ignoré ce sentiment étrange. Le monsieur était très amical et semblait vouloir aider. Sur le chemin, nous avons parlé d’un scandale politique qui avait lieu actuellement à la mairie. Nous sommes arrivés rapidement à la gare, et il a commencé à me toucher la main et à me demander si j’avais un ami ou si j’étais mariée. J’avais peur et j’étais dégoutée. Je me suis alors souvenue de notre cours d’auto-défense, et du fait qu’il était important d’agir et de faire du bruit. J’ai pris tout mon courage à deux mains et j’ai crié: “Cet homme me moleste! L’homme à côté de moi me harcèle!” Encore et encore, plusieurs fois. Au début je me sentais mal à l’aise, mais après la deuxième et troisième fois, je me suis rendue compte que je me sentais plus fière et plus courageuse. Le monsieur m’a relâchée très rapidement et j’étais surprise. Comme je ne peux pas voir, je ne sais pas où il est allé. Plusieurs personnes sont venues et m’ont offert leur aide, et j’ai réussi à avoir mon train. Même si mes genoux tremblaient après, je me suis sentie bien parce que j’ai réussi à me battre pour moi et ma dignité. 

Fabiana : les barbecues

La famille de mon compagnon nous a interdit de faire des barbecues lorsque nous étions à la campagne. Je me suis sentie offensée par leur réaction. Donc après avoir pris un cours d’auto-défense, j’ai parlé à la famille de mon compagnon et je leur ai expliqué que je ne suis pas une enfant et que je sais comment utiliser un barbecue et faire du feu, et ils nous ont autorisé à faire des barbecues avec mon compagnon.

Marisa : mon beau-père

Mon beau-père n’a jamais accepté le fait que je sois sourde, donc quand je lui rendais visite, il me parlait quand je ne le regardais pas, ou m’appelait de loin, comme si j’étais capable de l’entendre. Donc j’ai décidé de l’ignorer aussi longtemps qu’il ne me tapotait pas sur l’épaule ou ne faisait pas un effort pour se comporter de manière appropriée afin de me permettre de communiquer. Mon mari ne se sentait pas à l’aise avec cette situation et m’en a tenu responsable, mais je pense que le comportement de mon beau père était irrespectueux et j’ai donc continué d’agir comme je le faisais. 

Fatima : les limites

Ma mère avait un nouveau compagnon et je ne pouvais pas lire sur ses lèvres, ni le comprendre lorsqu’il parlait. A chaque fois que je lui demandais de parler plus lentement et plus clairement, il rigolait et se moquait de moi, donc je sortais de la pièce. Un jour, j’ai décidé de ne plus retourner chez ma mère. Elle s’est plainte du fait que je ne venais plus lui rendre visite donc je lui ai dit de venir chez moi parce que je ne voulais pas voir son partenaire. Ensuite, je lui ai dit que si elle voulait que je vienne chez elle, elle devrait expliquer à son partenaire que son comportement n’allait pas. Ma mère a finalement parlé avec lui et quand je suis retournée chez elle, il s’est mieux comporté.

Selma : en sortie


Une fois, je suis sortie avec mes amis. Quand je suis rentrée à la maison, il faisait nuit et quatre hommes nous ont suivis et nous ont attaqués. J’étais la seule femme du groupe et je leur ai dit que j’allais appelé à la police. Alors que j’étais en train de composer le numéro, un des attaqueurs a dit “tu veux que je te fasse du mal?”. J’ai répondu que non et il a dit: “Alors tais-toi!”, m’a poussé au sol et m’a craché à la figure. Je me suis levée et j’ai crié si fort et si longtemps qu’ils sont partis et nous ont laissé tranquille. Les voisins m’ont entendu et ont appelé la police.

Magdaléna : en voiture

Un jour, je roulais sur une route de campagne. Mon mari a commencé à me crier dessus. Je lui ai dit plusieurs fois d’arrêter parce que c’était dangereux, mais il a continué à crier. Alors j’ai détaché la ceinture de sécurité de mon mari et j’ai freiné d’un coup sec. Il s’est pris la boite à gand et s’est fait mal au genou. Il a arrêté de me crier dessus.

Jana : bus pour l’école


Une fois, j’ai raté le bus pour l’école. J’avais un contrôle ce jour-là et je ne voulais pas être en retard. Donc j’ai essayé de faire du stop. Un van s’arrêta, le conducteur avait l’air “normal”. Je lui ai montré la direction où je voulais aller avec mon bras, en lui disant que je voulais y aller. Il m’a dit qu’il devait s’arrêter pour prendre de l’essence et s’est arrêté dans un garage vide. J’ai essayé de lui faire comprendre que j’étais pressée et j’ai signé “tout droit”. Il a touché ma poitrine, sorti sa langue et m’a montré son pénis. Donc j’ai poussé sa main et j’ai continué à signer de manière autoritaire: “tout droit, dépêche toi, j’ai un contrôle!”. Finalement, il m’a conduit à l’école. J’ai couru à l’intérieur et je me suis mise à pleurer en racontant mon histoire, et mon contrôle a été reporté.