Céline : faire du bruit

Je dois faire de long trajets pour aller au travail et après une longue journée de travail, ma concentration diminue, ce qui complique ma capacité à trouver mon chemin. Donc je suis toujours heureuse quand des gens m’aident. Un jour, un homme m’a proposé de me guider dans la gare, ce que j’ai accepté avec gratitude. Ce qui m’a irrité c’est qu’il a tout de suite verrouillé son bras autour du mien. Au début, j’ai ignoré ce sentiment étrange. Le monsieur était très amical et semblait vouloir aider. Sur le chemin, nous avons parlé d’un scandale politique qui avait lieu actuellement à la mairie. Nous sommes arrivés rapidement à la gare, et il a commencé à me toucher la main et à me demander si j’avais un ami ou si j’étais mariée. J’avais peur et j’étais dégoutée. Je me suis alors souvenue de notre cours d’auto-défense, et du fait qu’il était important d’agir et de faire du bruit. J’ai pris tout mon courage à deux mains et j’ai crié: “Cet homme me moleste! L’homme à côté de moi me harcèle!” Encore et encore, plusieurs fois. Au début je me sentais mal à l’aise, mais après la deuxième et troisième fois, je me suis rendue compte que je me sentais plus fière et plus courageuse. Le monsieur m’a relâchée très rapidement et j’étais surprise. Comme je ne peux pas voir, je ne sais pas où il est allé. Plusieurs personnes sont venues et m’ont offert leur aide, et j’ai réussi à avoir mon train. Même si mes genoux tremblaient après, je me suis sentie bien parce que j’ai réussi à me battre pour moi et ma dignité. 

Fabiana : les barbecues

La famille de mon compagnon nous a interdit de faire des barbecues lorsque nous étions à la campagne. Je me suis sentie offensée par leur réaction. Donc après avoir pris un cours d’auto-défense, j’ai parlé à la famille de mon compagnon et je leur ai expliqué que je ne suis pas une enfant et que je sais comment utiliser un barbecue et faire du feu, et ils nous ont autorisé à faire des barbecues avec mon compagnon.

Marisa : mon beau-père

Mon beau-père n’a jamais accepté le fait que je sois sourde, donc quand je lui rendais visite, il me parlait quand je ne le regardais pas, ou m’appelait de loin, comme si j’étais capable de l’entendre. Donc j’ai décidé de l’ignorer aussi longtemps qu’il ne me tapotait pas sur l’épaule ou ne faisait pas un effort pour se comporter de manière appropriée afin de me permettre de communiquer. Mon mari ne se sentait pas à l’aise avec cette situation et m’en a tenu responsable, mais je pense que le comportement de mon beau père était irrespectueux et j’ai donc continué d’agir comme je le faisais. 

Fatima : les limites

Ma mère avait un nouveau compagnon et je ne pouvais pas lire sur ses lèvres, ni le comprendre lorsqu’il parlait. A chaque fois que je lui demandais de parler plus lentement et plus clairement, il rigolait et se moquait de moi, donc je sortais de la pièce. Un jour, j’ai décidé de ne plus retourner chez ma mère. Elle s’est plainte du fait que je ne venais plus lui rendre visite donc je lui ai dit de venir chez moi parce que je ne voulais pas voir son partenaire. Ensuite, je lui ai dit que si elle voulait que je vienne chez elle, elle devrait expliquer à son partenaire que son comportement n’allait pas. Ma mère a finalement parlé avec lui et quand je suis retournée chez elle, il s’est mieux comporté.

Selma : en sortie


Une fois, je suis sortie avec mes amis. Quand je suis rentrée à la maison, il faisait nuit et quatre hommes nous ont suivis et nous ont attaqués. J’étais la seule femme du groupe et je leur ai dit que j’allais appelé à la police. Alors que j’étais en train de composer le numéro, un des attaqueurs a dit “tu veux que je te fasse du mal?”. J’ai répondu que non et il a dit: “Alors tais-toi!”, m’a poussé au sol et m’a craché à la figure. Je me suis levée et j’ai crié si fort et si longtemps qu’ils sont partis et nous ont laissé tranquille. Les voisins m’ont entendu et ont appelé la police.

Magdaléna : en voiture

Un jour, je roulais sur une route de campagne. Mon mari a commencé à me crier dessus. Je lui ai dit plusieurs fois d’arrêter parce que c’était dangereux, mais il a continué à crier. Alors j’ai détaché la ceinture de sécurité de mon mari et j’ai freiné d’un coup sec. Il s’est pris la boite à gand et s’est fait mal au genou. Il a arrêté de me crier dessus.

Jana : bus pour l’école


Une fois, j’ai raté le bus pour l’école. J’avais un contrôle ce jour-là et je ne voulais pas être en retard. Donc j’ai essayé de faire du stop. Un van s’arrêta, le conducteur avait l’air “normal”. Je lui ai montré la direction où je voulais aller avec mon bras, en lui disant que je voulais y aller. Il m’a dit qu’il devait s’arrêter pour prendre de l’essence et s’est arrêté dans un garage vide. J’ai essayé de lui faire comprendre que j’étais pressée et j’ai signé “tout droit”. Il a touché ma poitrine, sorti sa langue et m’a montré son pénis. Donc j’ai poussé sa main et j’ai continué à signer de manière autoritaire: “tout droit, dépêche toi, j’ai un contrôle!”. Finalement, il m’a conduit à l’école. J’ai couru à l’intérieur et je me suis mise à pleurer en racontant mon histoire, et mon contrôle a été reporté.


Fatima : “c’est fini, dégage!”

Quand j’avais 15 ans, mon copain me forçait à avoir des rapports sexuels avec lui. Donc j’ai découvert une astuce: quand il essayait de se forcer en moi, je tapais mon genou dans son entrejambe et prétendais que je ne l’avais pas fait exprès. Ensuite, il s’arrêtait. Mais une fois, après avoir fait ça, il s’est mis à me taper sans s’arrêter. J’ai été voir mon père et ensemble, on a dit à mon copain “c’est fini, dégage!”. J’avais honte mais cela faisait longtemps que je cherchais une solution.